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mar, le 21 oct 2008, 22:16
La Maison

Le lieu où tout se passe. Enfin presque.

Nous avons été logés dans une maison de type coloniale. Cela veut simplement dire que la maison est plus grande, avec une façade plus décorée... et peut-être une construction uniquement en pierre par rapport aux maisons locales. 
Là haut, les maisons sont souvent construites avec de la terre séchée (ou une sorte de limon de la même couleur ^^)  recouverte de ciment; ce mélange ayant des propriétés isolantes bien supérieures à la brique de chez nous. 
Oh, et un toit en dur pour nous. D'habitude, il est fait de tôles.

La maison était grande. Nous avions droit à:
- 2 chambres (pour les couples)
- une pièce specially for the proprio
- un grand séjour où nous dormions tous, nous pauvres voyageurs célibataires.
- un salon/salle à manger
- une douche
- des toilettes de type européen (brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr)

Il y avait aussi une véranda et une grande cour, séparée en deux parties par un escalier.
Le sol n'était pas parfaitement plat; je ne compte pas le nombre de fois (surtout la nuit) où j'ai failli me casser la gueule. Bizarrement, ça n'est jamais arrivé...

Et pour finir une photo d'Elavanyo. On ne voit pas où je logeais, la maison est plus loin, près de la route au fond :)


 


mer, le 08 oct 2008, 18:38
Compagnons de route

Un petit mot sur mes compagnons de route français avec qui j'ai partagé mon aventure.
Vu que plusieurs groupes se sont croisés au cours du mois, nous n'avons pas toujours été tous ensemble, tous aux mêmes endroits tous au même moment :)

Mon groupe de voyage.
On était 6, moi incluse à partir ensemble et à venir de Nancy
* Charline. 
Je pense que c'est la personne avec laquelle j'ai eu le plus de difficultés. Enfin, rien de bien grave non plus. C'est quelqu'un de très énergique, qui a fichtrement confiance en elle et qui n'hésite pas à l'ouvrir pour un oui ou pour un non. Elle n'a pas grand chose de féminin. Avec moi qui suis plutôt calme, qui aime bien être tranquille, et qui n'avais pas toujours les mêmes goûts qu'elle, j'ai mis du temps à l'apprécier vraiment.
Car malgré tout, c'est une fille sympa, qui donne un coup de main quand ça va pas, et qui a juste son caractère à elle.
On a mis les points sur les i le dernier jour : elle a reconnue qu'elle avait été un peu salope avec moi (ce qui est vrai, mais quelque part je pense que je l'avais un peu mérité :)), parce qu'apparamment je ressemble pas mal à sa mère (O_o)... et moi j'ai juste répondu que ce n'était pas grave, qu'elle était salope avec tout le monde et que je ne l'avais pas pris personnellement.
En fait, elle est juste vraiment chiante quand elle a trop bu... 

* Louis et Lara
Je n'étais pas vraiment proche de Louis, même si il avait déjà l'expérience d'un voyage en Afrique et qu'il avait des remarques et des idées pertinentes. C'est un gars sympa et drôle, mais on ne devait pas avoir beaucoup d'atomes crochus. Bah, ça arrive.
Lara est une fille marrante. Elle rigole souvent, n'a pas peur de grand chose et est plus forte qu'elle en a l'air. C'était la reine du pilage! Elle a un petit air dans la lune, mais je l'aime bien :p
C'est elle qui a eu la turista pendant tout le voyage XD.

*Amandine
Toujours de l'énergie à revendre. Mais en même temps sans être une pile électrique. Très gentille, très ouverte, et très drôle; j'ai passé beaucoup de temps avec elle. Elle n'avait pas peur de grand chose (qui me rassurait en zem hein???), se posait beaucoup de question sur la façon de vivre des gens. Mais toujours cette énergie : c'était toujours elle qui faisait la vaisselle le matin, inexorablement, chaque jour. Et toujours partante pour faire la fête... enfin quand elle ne cuvait pas trop vite :)

* Solène
Plus calme (un peu) que les autres. La plus jeune du groupe, mais non la moindre. Elle s'entendait très bien avec Amandine et donc j'ai passé pas mal de temps avec elle. On a pas mal discuté et on s'est rassurée l'une l'autre. Aussi toujours prête à aider, et à découvrir le quotidien des habitants du village. Elle avait la côte avec les garçons, on a donc décidé que c'était notre 'fille à marier', à son grand regret.

Les filles de Graine d'Ebene (qui étaient déjà parties en juillet mais qui sont restées un peu/beaucoup avec nous)
* Emmanuelle
Ah que dire de Manu! Elle était géniale. C'est elle qui nous a principalement fait découvrir le village en arrivant. Elle est sérieuse, et têtue, mais je me suis bien entendue avec elle : après tout, c'était la seule du groupe qui ne buvait pas vraiment :). Et qui ne fumait pas. 
Elle nous a montré tout ce qui avait d'important dans le village : les patisseries. Nous allions faire des tours exprès à la recherche de "luga", parce qu'elle en était accro!
Contrairement à d'autres, elle était constipée et a même eu droit à sa chanson dédicacée. 

*Pauline/Paulette
.
Nom au choix. 
J'ai plus sympathisée avec elle vers la fin de son voyage, quand elle a commencé à me sortir des devinettes, et qu'on a eu plus d'occupation commune. C'est un peu dur de se souvenir pourquoi... je me souviens juste que ça a commencé avec les devinettes, et que j'ai réussi à en trouver 2 toutes seules. Ou alors pendant la soirée où elle a essayé de me convaincre que l'alcool, c'est bien XD.
Elle a l'air un réservé, mais c'est un leurre :). Avec Charline, elles étaient soeurs de téléphatie et étaient en guerre contre nos accompagnateurs togolais. Elle était la maman de substitution d'un gamin dont nous étions toutes fan. 
Mais c'est vrai que quelque part, elle était un peu plus sérieuse que nous. Elle était la représentante de l'association, elle avait pas mal de réunion, et en fait... après son départ, l'ambiance s'est pas mal dégradée entre nous et les Togolais qui nous encadraient.

Ceux de Montpel' (Montpellierains)... qui sont arrivés plus tard et partis un peu où ils voulaient. 
*Cissou
J'ai mis du temps à découvrir le vrai nom sous le pseudo. Un amour, cette fille. Très gentille, intelligente, partageant mon amour des livres, c'est aussi une vraie hypocondriaque que le Lariam a fait déliré. On s'est liée d'amitié par médicaments interposés, parce qu'elle avait un problème au genou, que j'avais des médocs qui pouvaient (en fait non) la soigner et que mon père était médecin. D'ailleurs elle s'est fait opérée il y a une semaine, j'espère que tout c'est bien passé. On est toutes deux allergiques et asthmatiques
Un amour.
C'était ma binome dans la classe dont je m'occupais. Elle faisait les maths, moi le français.
Même si par sa faute, je me suis retrouvée en rando, sans ventoline.

*Marie et David
Marie vi (petite) est une fille sympa, avec une tendance à mettre plein de superlatifs partout (tout est toujours trop fort...), plutôt calme et un peu fragile tout de même. On a passsé une soirée géniale à lui enlever les tresses qu'elle avait sur la tête. Elle m'a fait le plus beau de tous les compliments. En plus elle avait des mangas *o*
David, on ne l'a pas beaucoup vu, comme il venait du Burkina. Ca avait l'air d'un type bien... peut-être avec un ego un peu développé, mais rien d'insurmontable ^^

*Lucas et Suzanne
.
Lucas est mi-français, mi-togolais, mais ne vient pas de l'ethnie dominante au Togo. C'est un musicien. Il est sympa, même si on a pas tellement parlé au final... Un peu dans la lune, et très très lent à la détente. Enfin on l'était tous un peu, mais lui je pense que c'était le pire
Suzanne, sa copine, est une fille posée et calme. Végétarienne. Elle a essayé de manger du saucisson et on a cru qu'elle allait vomir ou tomber dans les pommes. 
Tous les deux sympas, mais pas les personnes dont j'étais les plus proches.


Et vala!
Dans l'ensemble, une bande de gens sympa. 
J'ai juste eu du mal avec leur tendance à trop fumer (damn, j'ai perdu de l'espérance de vie avec tout le tabagisme passif) et à trop boire. Je me suis vraiment vraiment sentie très très à l'aise la dernière semaine. Parce qu'on se connaissait tous, parce qu'on était moins nombreux et que j'avais pris un peu sur moi.
Je ne suis pas la personne la plus sociable du monde, mais je pense qu'au final, ça s'est bien passé. Ils ont compris comment j'étais et ça n'a pas posé de problèmes, j'en ai eu la preuve à la fin.

Je ferais un autre post pour parler de nos accompagnateurs, les membres de l'association d'Asdam.
Car j'ai encore un peu de mal à parler d'eux sans penser aux problèmes qu'on a eu avec certains d'entre eux à la fin du voyage.

jeu, le 02 oct 2008, 12:46
Vroum vroum la danse de la moto

Pour se déplacer dans la capitale, et pour partir vers Elavanyo, nous avons découvert les différents moyens de transport s'offrant à nous. En voici un petit topo.
Accrochez vous :)

Bien sur, il y a d'abord la voiture individuelle. Mais ça n'est réservé qu'aux personnes les plus riches. En fait, je ne me souviens avoir rencontré personne qui en possédait une, à part le cousin d'un rasta mais on n'est pas resté assez longtemps pour vérifier. En fait, la seule voiture dont je me souviens, c'était un 4X4 d'une Européenne à talons qui avait un gamin pour porteur. Dégoûtée.

Il y a le taxi, comme chez nous. Sauf que les taxis, ce sont généralement des voitures des années 80 récupérées et rafistolées on ne sait comment. On a des taxis en bon état, et d'autres moins... avec des sièges éventrés, des vitres qui ne ferment pas, le compteur kilométrique mort (super pour savoir la vitesse à laquelle on roule). Une fois je suis montée dans un taxi que l'on devait pousser pour que le moteur se mette en marche; of course, c'était la fois où on se baladait dans les plateaux, donc on a eu assez assez peur dans les montées.
Le prix du taxi varie avec le nombre de personne qui y montent. Plus vous êtes nombreux, moins vous payerez individuellement. Donc on peut se retrouver à 4... ou à 8, avec le coffre bourré de valises. J'ai souvent porté des gens sur mes genoux :).
Faut pas avoir peur, c'est super marrant en fait.

Pour les longs trajets, comme nous avons fait de la capitale à Elavanyo, nous avons pris un taxi brousse. Ce sont des cars, mix entre un utilitaire et une voiture familiale. Les bagages sont flanqués sans ménagement sur le toit ou dans le coffre. On est en moyenne 4 par rangée de sièges.. ce qui fait une moyenne de 13-14 personnes environ, mais je sais que ça peut monter jusqu'à 17-18 si on bourre bien les gens. 
Le taxi brousse vient vous chercher chez vous et vous dépose à l'adresse convenu, donc durant le même trajet, vous faîtes plusieurs détours et arrêts pour laisser monter ou descendre des gens.
Ca donne quelques souvenirs amusants : Lara qui essaye de s'asseoir par terre pour avoir plus de place, mais qui finalement à l'air de se faire aspirer et disparait peu à peu sous le siège; une bataille d'oreiller; les mêmes chansons africaines qui passent en boucle pendant des heures et qui finissent pas saouler; Amandine qui se fait peu à peu écrasée par sa voisine d'à côté... tout pour faire oublier que c'est généralement inconfortable, qu'il y fait chaud et qu'on en ressort avec un beau mal de fesse :)

Et enfin, mais non le moindre : le zemidjan, ou taxi moto!!! Ca veut dire 'allons y' en béninois. Il existe le terme togolais 'oleya' pour 'on y va?', mais ce n'est pas très employé. 
Je n'avais fait qu'une seule fois de la moto, c'était avec mon oncle, pendant 5 min quand j'avais 10 ans. Donc autant dire que c'était une nouvelle expérience. Expérience un peu traumatisante il est vrai.
Parce que, quand tu montes en zem, tu n'as pas de casque. Tu ne sais pas à quelle vitesse tu roules. Tu vois l'état de la route (des ornières partout O_o). Tu vois tous les piétons et les autres voitures qui ne vont pas trop se pousser pour te laisser passer. Parfois même tu es à 2 passagers sur la moto. Même très souvent.
Autant dire que les 5 premières minutes de tout trajet en zem', je flippais. Tu te vois en train de te ramasser la gueule sur la route, en train de caler dans une montée, de faire une embardée dans un virage... mais en fait, au bout d'un moment, tu oublies, parce que le zem, c'est génial!!! C'est fun, ca oscille pas, et tu penses à autre chose.
Tu vois tout le paysage, qui la plupart du temps vaut 3 milliards de fois le détour, tu peux dire bonjour au gens, tu n'as pas chaud car le souffle de l'air est tellement fort que tes cheveux te fouettent littéralement le visage, tu peux discuter avec ton voisin de dérrière et rire à gorge déployée tellement c'est bon. Enfin tu peux, tant que le conducteur n'est pas trop pressé et ne se met pas à rouler comme un dingue parce qu'il veut rentrer chez lui!
Mais au bout du compte, le zemidjan, même si c'est hyper dangereux, je crois que c'est mon moyen de locomotion préféré.

Et en bonus, la danse de la moto. Les gamins l'adore.
Vroum Vroum
http://www.abidjanshow.com/a_videobox_suite.php?newsid=70

mer, le 01 oct 2008, 19:56
Marché aux fétiches

Maintenant un petit aperçu sur un autre type de marché, un peu plus attrape-touriste, mais qui n'en reste pas moins très intéressant : le marché aux fétiches!!

Le Togo a été influencé très profondément par le vaudou, qui est né dans le pays voisin (le Bénin). Encore aujourd'hui, malgré l'implantation des églises monothéistes, de très nombreux Togolais sont attachés à leur tradition et sont animistes. Même les plus éduqués ^^. Nos accompagnateurs, qui sont à la fac, y croient eux aussi. Il ne fallait pas parler de fantômes, ils se mettaient à trembler comme des chochottes ^^
Le vaudou, d'après notre grand ami Wikipédia, désigne l'ensemble des dieux et des forces dont les hommes essayent de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l'affirmation d'un monde surnaturel, mais aussi l'ensemble des procédures permettant d'entrer en relation avec celui-ci. Au marché des fétiches, on trouve donc ce qui permet de faire des rituels pour soigner certaines maladies, jeter certains sorts, et on peut même demander l'aide d'un féticheur professionnel.

Le marché n'est pas très grand en lui même, la taille d'une grande cour. Avec sur les côtés des cases faites de bois, avec un toit en tôle. Et devant, des présentoirs avec la marchandise.
Disons le tout de suite, ça sent mauvais. Vu ce qu'on y vend, c'est un peu logique : des têtes d'animaux séchés (dites bonjour aux singes, chiens, chauves-souris, crapauds...) que l'on utilise pour la préparation de breuvages curatifs. Il faut savoir que l'on n'a plus le droit de chasser les animaux au Togo, donc soit les animaux ont été tués dans un pays limitrophes, soit ils sont morts naturellement. Leur tête sont desséchées avec du sel. Les Togolais ont deux conceptions de la médecine : il y a des maladies du corps que le médecin peut soigner avec des médicaments, et il y a des maladies, plus de "l'âme" qui sont dues à des forces supérieurs, ou à un envoutement, et pour cela, il faut aller se faire soigner au marché.
Même si ça relève du folklore, à Elavanyo, nous avons rencontré un homme complètement fou. Au départ, on pensait que c'était parce qu'il abusait trop de l'alcool mais après, on nous a dit qu'il avait été ensorcelé. Je ne sais pas comment il est devenu aussi taré, mais bon...
Il existe aussi des fétiches en métal qui servent à jeter des maléfices ou des bénédictions. Il y en a généralement à l'entrée des villages. Ils sont aussi les protecteurs de ceux qui travaillent avec le fer (métallo, conducteur de taxi...)

Ensuite nous avons eu droit à une séance spéciale chez le fils du chef féticheur du marché (qui n'était pas là). Ils nous a présenté une série de 'produits vaudous' enchanté une fois qu'ils seraient bénis par lui. Donc le grigri, avec 41 herbes écrasées, qu'on porte autour du cou et qui est sensé porter bonheur. Je dis sensé, parce que je l'ai acheté, et le lendemain, je me suis retrouvée couvert de piqûres de moustiques, dont une sur chaque paupière (ne jamais utiliser d'anti-moustiques, ça ne marche pas!!!). La graine d'ébène pour lutter contre l'insomnie et développer la mémoire. Le talisman pour faire tomber amoureux, ou l'inverse. Les statuettes du roi et de la reine pour le bonheur familial. Le 'téléphone', 2 bouts de bois reliés entre eux avec une ficelle, que l'on peut emboiter ensemble, pour faire bon voyage. Et la tête qui soit fumer une cigarette pour protéger la maison des voleurs!!!
Pour bénir, on prononce 3 fois son nom (ou le nom de la personne à qui l'on offre les objets), le féticheur bénit l'objet en marmonnant et en agitant une cloche, on le reprend puis on ferme les mains en disant  "nous l'avons reçu des 2 mains"
Attrappe-touriste. 

Par exemple, les statuettes du roi et de la reine étaient présentés à l'extérieur comme de la décoration. Tant que ce n'est pas béni, cela n'a aucune valeur magique.
Et puis, bien sur, ce sont les dieux qui décident du prix. On nous prend chacun l'un après l'autre pour aller dans une autre pièce avec le féticheur; il lance des coquillages qui traduisent le prix désiré par les dieux. Bizarrement, on a le droit à plusieurs tirages. Comme l'a remarqué Charline, on paye une mise en scène. Parce qu'ils demandent cher! On s'est fait avoir --,.
Un autre truc que l'on n'a pas trop apprécié, c'est que nos accompagnateurs nous ont collé un guide - qui n'a servi à rien - sans nous le dire, et que l'on a du payer of course. Chalatans!!!!

Sinon, à acheter, car efficacité garantie pendant 25 ans, et fondement médical minimal : le garogaro! La racine de gingembre, à réduire en fine lamelle et à faire infuser... ça donne du viagra naturel, réutilisable pendant un quart de siècle. Ca augmente la "puissance" comme ils disent XD
 


ven, le 26 sep 2008, 21:55
Marché

Si vous passez à Lomé, il ne faut pas louper le marché. Enfin à moins d'être un anti-consommateur déclaré, ce que je suis parfois.
Je ne vais pas trop démeler mon rapport étrange avec la société de consommation, mais en résumé, je n'aime pas trop acheter (surtout pour moi) et je déteste qu'on me force à le faire. C'est ainsi. 

Bref, les marchés africains, c'est sportif.
A Lome il s'étale sur une rue, et un bout de rue perpendiculaire. Au départ, je m'imaginais ça comme le grand bazar à Istanbul, c'est à dire un marché qui s'étend à perte de vue au point qu'on peut s'y perdre dedans, mais en fait, c'est assez petit.
De chaque côté de la rue, il y a des échoppes, tenues par des rastas, qui vendent des choses différentes. Ca peut être un peu de tout : des colliers, de l'artisanat en tout genre, des sacs, des djembe... Je ferais un point sur l'artisanat pour vous donner une idée de l'art africain, mais une autre fois ^^.

Déjà, avant d'y entrer, préparez vous mentalement. Ici, la vente est un art. Marchander un sport. Entuber le touriste un art de vivre. 
Vous mettez un pied dans le marché, et vous êtes assaillis par les vendeurs. Ils ne sont pas méchants. Ils sont justes lourds, en général, et parfois très chiants.
La première chose à savoir, c'est que les vendeurs sont des rastas. Au Togo, les rastas sont assez mal vus, mais ils sont plutôt innofensifs. Ce sont eux les artistes qui vendent. Enfin, les pièces d'artisanats sont faites sur place, les djembe aussi. Il faut être un peu plus méfiant pour les colliers, ce sont souvent des pierres importées, donc ne vous attardez pas sur les pièces les plus simples ^^.
Et donc, ces vendeurs, ils bossent tous ensemble. N'hésitez pas à les remballer et allez voir le stand suivant, si ça se trouve, c'est encore au type que vous venez de quitter. D'ailleurs, il vous aura suivi.

Donc ils vous accostent. Ils vous montrent le stand. Vous choisissez, ou non, mais chaque fois :
- ne montrez pas que vous avez flashé sur quelque chose, sinon c'est mort, entubage assuré. Charline a eu un couteau à 19500 CFA (premier prix à 50 000!) alors qu'il n'en fait que 5000!
- ne dites jamais un premier prix, demandez le au vendeur. Là, annoncez le vôtre. En gros, le prix du vendeur divisé par trois.
- discutez, discutez, discutez, n'hésitez pas à perdre votre temps. Car plus vous parlez, plus vous avez de chance de faire baisser. Ne vous impatientez pas, ne soyez pas préssés, même si c'est lent.
- au pire partez, le vendeur vous rattrapera.
- ma technique à moi, c'est de faire 'j'ai plus que tant, je peux pas faire plus' (en leur montrant le porte-monnaie s'il le faut), j'ai réussi à avoir mes achats au prix que je voulais.
Quelle belle bande d'arnaqueurs.

Oui, tout celà est très fatiguant. Mais c'est pire quand on est une femme.
Parce que les vendeurs draguent à mort. On m'a dit que j'étais l'élue de son coeur, qu'il voudrait bien avoir le mien, des choses dans le genre, qu'il me faisait une réduction de 500 parce que j'étais son amie. Soit pas grand chose.
Ou pire, tu as le mec qui te sussure à l'oreille en te touchant le dos. C'était sensé être excitant? Parce qu'il faut savoir mesdames, que vous n'êtes que bonnes à coucher. Les blanches ont très mauvaise réputation.
Ou encore le mec qui te propose une pièce d'artisanat à tel prix. Tu dis non. Il part, et quand tu te retournes, il est là, avec l'objet emballé pour que tu le payes. Ca marche bien avec les bracelets, ça, parce qu'ils sont méga chiants à enlever quand on te l'a mis de force au poignet.

Enfin, c'est quelque chose à faire.  Mais perso, je n'aime pas. Moi, j'aime bien flanner, dire bonjour aux commerçants mais regardez en paix. J'en ai rien à fouttre qu'on me fasse des déclarations d'amour bidon, je ne suis pas assez stupide pour y croire une seconde, en plus c'est ennuyeux et fatiguant.  Et plus on trouve ça ennuyeux et fatiguant, plus on veut abréger et plus on se fait entuber quelque part...
En plus, ça ne sert à rien de s'énerver
Ce n'est pas non plus l'horreur, les pièces sont en général très belles, il y a pas mal de choix, la plupart des vendeurs sont 'corrects' (ils ne vont pas plus loin que la déclaration), c'est juste... fatiguant.

Oh, et n'y allez pas le soir. Là, ils vous agrippent et vous colle comme des sangsues pour avoir un dernier client. Si vous y allez dans la matinée ou en début d'aprèm, c'est beaucoup beaucoup plus agréable.
Comment ça, j'ai fait 2 fermetures de marché, sur 3 visites, c'est pour ça que je ressens tant de lassitude à en parler??? Ouppps
 

N'empêche, j'enaurais bien bitch-slapper certains.
Ah oui, parce que j'ai aussi eu une proposition indécente. Même si je lui ai fait croire que j'avais quelqu'un en France. Ah ça pour sur, l'amour et le sexe, c'est pas la même chose, mais t'es vraiment vraiment vraiment mal tomber mon gars. Trouve toi une autre greluche, je suis pas assez conne pour toi XD.

jeu, le 25 sep 2008, 22:25
Lome

Je me rends compte, qu'en voulant parler de la capitale, que je n'en sais pas grand chose au final.
Nous ne sommes pas attardés à Lome. Nous y sommes restés les 2 premiers jours du voyage, et les 2 derniers.
Nous n'avons rien visité, à part le marché artisanal et celui des fétiches (attrape- touristes ><). Pourtant il y avait des choses à voir... j'avais vraiment envie de voir le musée, mais finalement on n'en a pas eu le temps.

Mes impressions sur cette ville... ne sont pas achevées je dirais. J'ai eu une opinion différente qui variait de l'endroit d'où je venais.
Quand je suis arrivée, après avoir quitté le Sénégal, j'ai apprécié cette ville. Parce que Dakar, désolée si j''y reviens souvent, n'a rien de spécial comme ville. C'est une ville construite sur le modèle européen, et qui tombe en délabrement avancé parce que les autorités n'ont pas pu (et/ou voulu) l'entretenir, faute de moyens.
Alors quand on arrive à Lome, on se sent tout de suite plus en Afrique. Il n'y a pas beaucoup de routes bétonnées; juste dans les grandes artères et près des quartiers chics, comme aux niveaux des ambassades, de l'université... Ce genre de quartier est même parfois gardé par des militaires, avec une barrière au milieu de la route! Le reste, c'est de la terre rouge, à moitié inondée par les pluies, avec des ornières qui font chahuter le véhicule. Les rues sont bordées de petits commerces ou de marché, les habitations sont plus au fond, à peine visibles derrière de grands murs.On croise de temps en temps des feux de circulation, mais on ne sait pas trop à quoi ils servent, vu qu'on passe au rouge. Je cherche encore l'explication.Et partout bien sur, des sacs en plastiques noirs, qu'on vous donne pour transporter vos achats. Et qui trainent, qui trainent, qui trainent.
Sans compter la mer!!! Ah la la, la mer, toute une histoire!
Et j'ai apprécié cette différence, de voir qu'on ne se trouve pas chez soi. J'ai aimé la découverte de nouveaux paysages urbains.
Ah, désolée, j'ai une part de géographe en moi!!!

Par contre, quand nous sommes revenus, après le mois passé dans les plateaux, je n'ai pas du tout aimé Lomé.
Il faut voir aussi le conexte : j'ai passé un mois à la campagne, dans un coin perdu, mais entourée de vert. Des collines, des champs, des arbres, de la végétation partout, du vert, du vert. Et là, hop, on se retrouve à la ville. Déjà en France, je préfère la campagne, alors imaginez quand je rejoins une ville, qui n'a pas de plan d'urbanisme, qui n'est pas entretenue et qui est sale, si sale!
C'est trop grand, c'est... ah, je ne sais pas vraiment comment l'exprimer. La ville n'a pas d'intérêt je crois. Faites nous revenir à Elavanyo, ou faites nous rentrer en France, c'était un peu mon état d'esprit.
Quand nous sommes arrivés, nous sommes allés nous ballader dans la rue de l'hôtel . Là, nous ne sommes pas sorties.
A part pour aller au marché. Et nous perdre en revenant!!

Cet épisode fut assez drôle.
Les filles et moi étions allées au marché artisanal sans les membres de l'assoc, donc nous avons du prendre un taxi pour nous conduire à l'hôtel. Nous avions l'adresse donc on nous fait descendre dans une rue qui nous semble la bonne. Mais en même temps, toutes les rues se ressemblent là haut. Et surtout elles ne portent pas de noms.
Et là, peur panique. On ne reconnait rien. Donc on se met à chercher. On tourne, on demande à des passants et bon, c'est un peu la flippe. Je signale qu'il faisait nuit, qu'il n'est pas conseillé pour des blancs (et encore plus des blanches toutes seules) de se promener le soir, et qu'on s'était fait aggréssé 2 1/2 semaines plus tôt. Chaque fois qu'on disait le nom de notre hôtel (l'hôtel des amis) on nous parlait de l'auberge de l'amitié. Finalement un monsieur très sympa nous a conduit à la fameuse auberge de l'amitié où l'on nous a dit que le taxi nous avait déposé dans la bonne rue, et qu'il fallait juste marche 200 mètres...
Douées les filles, on s'est paumées dans une ligne droite.
 

XD

Pour plus d'info, le lien wikipédia, qui vaut ce qu'il vaut : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lom%C3%A9

mer, le 24 sep 2008, 20:24
Qu'est-ce que c'est con une biquette

Il semblerait que je ne souffre que de deux séquelles majeures de mon voyage:
- l'envie de dire "akpe kaka", qui signifie 'merci' en éwé, à la place du mot français. Je l'ai à chaque fois sur le bout de la langue, et ça me fait de la peine quand je me rends compte que non, je dois parler ma langue maternelle, sinon on va un peu me prendre pour une folle. Ca ne me dérangerait même pas en fait. Mais bon, je vais essayer d'éviter dans les lieux publics.
- un folle, et irrépressible envie de chèvre. Il suffit que je me remémore un peu mon mois d'aôut, et j'ai mon régis d'estomac qui se réveille, un monstre dévorant tout, un gouffre sans fond qui ne réclame qu'un chose : une biquette.

Petite explication.
Ca fera peut-être du mal au lecteur végétarien partisan de la fin de l'assassinat des animaux, mais tant pis.

Je suis carnivore. A 200 %. Je ne pourrai jamais être végétarienne. 
Je comprends les gens qui n'aiment pas la viande ; Suzanne qui était avec nous déteste la viande. On a essayé de lui faire manger du saucisson et elle a failli en vomir, donc, ça oui, je comprends. 
Je comprends, mais pas tout à fait, ceux qui deviennent végétarien pour sauvegarder la planète. Je veux bien diminuer ma consommation de viande, la remplacer par du tofu ou du poisson , mais je ne pourrai jamais m'en passer. J'ai testé pendant un mois, et le manque était bien trop grand. Où alors, comme Jo Ann, lors du carême ou du ramadan, mais pas tous les jours.
Je ne comprends pas ceux qui ne mangent pas de viande pour la sauvegarde des animaux. Et je ne parle pas des végétaliens. Pour moi, tu aimes = tu manges. Surtout quand tu passes un mois dans un pays où tu ne peux pas trop faire la difficile sur les plats, les gnangantises pour la bouffe, ça te passe un peu beaucoup au dessus de la tête.
Attention, je suis contre le maltraitage des animaux; faite moi voir un élevage de poulets en batterie et j'explose en sanglots. Mais je ne suis pas contre le principe de tuer les animaux. On ne juge pas les animaux carnivores parce qu'ils mangent les herbivores alors je ne vois pas pourquoi on nous en voudrait pour manger de la viande alors que nous sommes ominivores.
Oui, je suis peut-être cruelle et je l'assume. J'ai vu une poule se faire égorger par Charline et je n'en ai pas été plus traumatisée que ça. Un peu amusée et curieuse que le corps est continué à bouger pendant au moins une bonne minute car je ne pensais pas que ça durait aussi longtemps, mais choquée, non.
D'ailleurs pour tout dire, malgré l'amour inconditionnel mais non réciproque (il me snobbe, je le sais!) envers mon kien d'amûûûûûûr, j'aurai mangé du chien sans problème. C'est de la viande. Y'a même des gens qui en vendent dans les rues.

Donc voilà.
Pendant le mois, j'ai du manger 5 fois de la viande. 2 fois de la biquette, et 3 fois du poulet. Pas grand chose à chaque fois, car l'animal devait tenir pour une quinzaine de personne à chaque fois. Ce qui nous laissait 3-4 morceaux en fin de compte.
Avec à la fin un belle carence en protéine et des envies de meurtres qui se développent.

Parce que, contrairement à chez  nous, les poulettes et les biquettes se baladent librement dans les rues, dans les champs, dans la cour voire dans les maisons. Elles sont là tous le temps, pas un jour sans les croiser. A Lome, il y en a moins, et autant dire que ça choque.
Z'allez me dire, qu'elles vivent leur vie!!! Oui... mais ces sales bêtes, elles ont tendance à vous pourir la vie
Les poulettes s'en tirent bien. En fait, ce qui fait le plus chier, c'est le coq qui chante à 6h, tous les jours. Déjà qu'on se levait tôt, on avait pas tellement envie que Monsieur le Poulet nous réveille aussi tôt. On aurait bien voulu le bouffer, celui là.
Mais la palme, elle revient aux biquettes!
Les biquettes, c'est con. Encore les bébés biquettes c'est tout choupinous, tout trognons, trop mignons, mais les adultes, c'est cons et ça bêlent comme si on allait les égorger sur le champ. Le pire, c'est quand maman et bébé s'y mettent ensemble.
Par exemple, un après-midi où je lisais tranquillement, un bébé biquette a joué à Indiana Jones, et s'est amusé à descendre les escaliers en face de la maison, dans la cour. Mais le crétin n'a pas réussi à remonter. Donc comme il n'était plus à proximité de maman biquette, il s'est mis à bêler. Et maman biquette, en haut des escaliers, s'est mis à bêler à son tour parce qu'elle avait perdu bébé biquette. Et donc vala, lecture gachée, parce qu'ils font un potin d'enfer, qu'on a l'impression qu'on est sur le point de les tuer, et qu'on aimerait bien que ça soit le cas pour qu'ils la ferment. Dans mon extrême gratitude, je suis allée chercher bébé biquette pour le redonner à sa maman, mais ce stupido a cru que j'allais le manger et j'ai du le courcer pendant que les voisins se fouttaient de ma gueule.
Ben, ce genre de truc arrive tout le temps, même la nuit. Et y'a rien de pire que de se faire réveiller par bébé et maman biquette qui se cherche en faisant le tour du village.

Donc le respect des animaux en prend un bon coup. 
Pas de scrupules pour bouffer la biquette. 
A la fin, chaque fois qu'on en voyait une de biquette, on se disait qu'on la mangerait bien au petit dej. Que sa soeur, on la mangerait bien à midi. Et la cousine le soir.
Et donc, ma fascination envers cette espèce n'est pas terminée. Ah, ce que je ne donnerai pas pour en bouffer un, de ces sacs à crottes!!!
*3*
 

mar, le 23 sep 2008, 23:45
Climat

La première chose qui frappe quand on arrive à l'aéroport, avant toute chose, c'est le climat.

Quand nous sommes partis de France, il faisait beau et chaud. Un été normal en gros.
Quand nous sommes arrivés à Dakar, c'était l'étuve. Plus de 25°C à minuit, heure locale. La journée, nous l'avons passée, à transpirer, à suer et à boire de l'eau. Pour dire que nous étions content d'avoir la clim', au diable le réchauffement de la planète!

Par contre, Lomé, ça n'a pas du tout été la même chose. 
Et encore, Lomé c'est gentil par rapport à Elavanyo.

Il existe 2 saisons au Togo: la saison sèche et la saison des pluies.
La saison sèche dure environ d'octobre à juin, et d'après ce dont on nous en a parlé, il fait chaud et sec. Le rythme africain, qui nous semble indolent, à nous, Européens hyperactif, est un peu forcé par la chaleur : allez construire un bâtiment à 40°C sans ombre!
La saison des pluies dure de juin à octobre, et est caractérisée par des averses fréquentes, un temps plus grisâtre et des températures plus douces.
Vous avez compris, je suis arrivée en pleine saison des pluies.

La première chose que l'on voit en atterrissant, en dehors de la verdure et de la terre rouge de l'Afrique, c'est l'eau. Il y en a partout. Et oui, le pays a été coupé en deux à cause des inondations. Les rivières sont en crue et ont débordés partout. On a d'ailleurs du mal à la croire car les zones touchées sont juste à côté de la capitale. 
Pour nous, ça parait improbable. Une crue de la Seine, c'est déjà exceptionnel, mais Paris encerclée par les eaux... du jamais vu!!
Et pourtant là... 

Ensuite vient la différence de température. En sortant de l'avion, on a froid. Oui, oui, il y a le vent, et on remet le gilet.
Et puis après, il y a le ciel noirâtre. Fichtre, il pleut. Et bien.
Quand en plus on s'en vient de la fournaise sénégalaise ça fait trop bizarre.

Et encore Lomé, c'est un petit four. La ville est au bord de la mer, donc réchauffée par l'océan et entourée de collines, donc protégée des vents frais, ce qui fait qu'il y fait chaud.
Idem à Kpalime, qui est aux pieds des collines dans la région des plateaux.
Idem dans le petit village de Bogo, à la frontière du Ghana où nous avons passé une après midi, qui est dans une vallée encaissée.
Même quand il pleut, il fait chaud.

Par contre, à Elavanyo, où nous séjournions, il a fait froid!
Nous n'avions pas de thermomètre, mais je dois dire, que malgré le sac de couchage, j'étais parfois obligée de mettre un gilet pour dormir!
Quand il faisait beau, il n'y avait pas de problème: le soleil tapait tout de suite et on dégoulinait rapidement de sueur. 
Mais quand il pleuvait...

Déjà on ne savait pas quand il allait pleuvoir : des fois, il faisait beau et 30 min plus tard, il tombait des cordes, comme ça. Le soir, le ciel était dégagé et le matin, on ralait parce qu'il pleuvait des trombes. C'était très embettant pour le linge, parce qu'il séchait dehors, et cette pluie imprévue repoussait le séchage aux calendes grecques. Le pire étant quand il pleuvait plusieurs jours de suite.
Tout de suite il fait cru. Le ciel est gris, tristounet. Si vous aviez le malheure d'être en dessous, alors là, c'est sur, il fait froid.
Tout s'arrête quand il pleut.
Et en plus quand on a faim...

Hum... Mon prochain poste, ça sera sur la biquette.
Parce qu'il est minuit et la seule chose dont j'ai envie maintenant, c'est de m'égorger une biquette, de la faire bouillir et de bouffer ce sac à crotte.
J'ai envie de biquette, je veux manger de la biquette pleaaaaseuuuuh.

mar, le 23 sep 2008, 22:48
Dakar: île de Gorée

Parce que Snorkey me harcèle, voilà un nouveau post. 
Mais pas encore le Togo.
Je voudrais parler tout d'abord de l'île de Gorée. Une île importante dans la traite des Noirs.

Autant mon -bref- séjour au Sénégal ne m'a pas spécialement réjouie et m'a laissé des impressions très contrastées, autant je ne voudrais oublier l'île de Gorée pour rien au monde. 
Ce fut une superbe après-midi passée avec le groupe, et un charmant couple de personnes âgées.
Et aussi avec Mohamed, un Sénégalais rencontré la veille. Mais lui, je ne peux pas dire que je l'ai très apprécié.
Parce que cette mentalité bizarre de je-t-aide-parfois-plus-que-nécessaire-mais-je-suis-vénal-et-j'-attends-des-sous-en-contre-partie, ça n'aide pas à se placer face à la personne. Je ne peux pas le considérer comme un ami potentiel vu qu'il attend de moi que je le paye. Mais en même temps, ce n'est pas qu'un simple 'guide' et qu'il a été bien sympa quand même.
Et aussi, draguer les blanches, juste pour un coup d'un soir (alors que je manque cruellement de sommeil, donc très peu patiente et facilement irritable), ça m'a juste donné envie de me barrer plus qu'autre chose. Ce que j'ai fait d'ailleurs XD

Donc l'ile de Gorée.
L'île de Gorée se trouve en face de la baie de Dakar, et pour y accéder, il faut emprunter une navette... dont le tarif est double pour les étrangers... mais qui est très agréable. Dans l'atmosphère étouffante de la ville, de l'air marin qui vous fouette le visage, ça fait du bien! Et puis la vue est magnifique;au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'île, on aperçoit de plus en plus nettement les maisons chatoyantes aux couleurs jaunes, rouges... Par contre moins drôle, on apprend que beaucoup d'enfants se sont noyés cet été sur la plage. Je ne me souviens plus du nombre (j'ai 49 en tête...) mais je sais que ça faisait un peu plus d'un enfant mort par jour.
On croise aussi de petits bateaux, le genre où se calent les gens qui veulent tenter de passer illégalement dans l'Eldorado européen. Ils sont extrèmement petits, on imagine mal comment ils peuvent tous se caser là dedans!!!

Finalement nous accostons sur l'île. Première vue: la jetée, et juste derrière la mer, où se baignent d'insouciants touristes.
Mais pour nous, c'est d'abord direction visite!!!
Je précise tout de suite que chaque musée est payant, il faut donc prévoir navette+ visite dans le budget :). On nous a aussi fait payer une taxe gouvernementale, qu'on fait soit disant payer à tout visiteur, mais en fait, c'est totalement facultatif.  On n'a pas eu de contrôle, donc abstenez vous ^^.

Nous allons donc visiter la maison coloniale.
La maison a une cour carrée entourée de pièces où étaient logés les esclaves. Une pour les hommes, une pour les femmes, une pour les enfants. Les familles étaient séparées. Plus des chambres pour les récalcitrants.
Les malades et les morts étaient jetés à la mer, ce qui attirait les requins; ainsi quand les esclaves qui tentaient de s'échapper en sautant à la mer se faisait dévorer.
Ils n'avaient droit qu' à une sortie quotidienne de leur cellule, pour faire leurs besoins, avec des fers aux pieds et un boulet de 10kg à trainer.
La valeur d'un esclave se mesure, pour un homme, à ses dents, sa taille, son intelligence, son poids, sa rapidité; pour une femme, à ses seins et à sa virginité. Les traiteurs blancs avaient un droit de cuissage. Si la femme tombait enceinte, on appliquait la règle : la femme était affranchi et son petit devenait un libre de couleurs, un membre de l'élite de l'île. Fichtre, je me croirais en cours sur la Révolution dans les Antilles ^^.
Les esclaves devaient peser 60 kg pour être envoyés outre-Atlantique. Sinon, on les mettait dans la pièce des 'inaptes temporaires' et les engraissait pour qu'ils atteignent le poids requis.
Ils étaient vendus devant les acquéreurs. L'esclave entre les deux parties de l'escalier en forme de fer à cheval au milieu de la cour et les acheteurs sur le balcon à l'étage.
Derrière l'escalier se trouve la porte 'd'où l'on ne revient pas', qui mène à un couloir où l'on acheminait les esclaves vers les bateaux pour leur voyage sans retour. Comme la maison donne sur une baie rocheuse, ils avaient construits un pont en bambou.

L'esclavage a commencé au 15e siècle et ne s'est achevé (en France) qu'en 1848. Merci Mr Schoelcher.
Un guide nous expliqua tout ça d'une façon époustouflante car il a été totalement franc, sans mâcher ses mots. Une telle liberté de ton, assez inédite en France, tout en étant rafraîchissante, qui responsabilise. Il n'a accusé personne en particulier, mais n'a pas minimisé les responsabilités de chacun.
En effet, même si l'esclavage existait déjà en Afrique, comme dans le reste du monde, avant la traite négrière, il n'y aurait pas eu de traite du tout sans les Européens et leur gros sabots. Qui n'avaient pas de scrupules à menacer les dirigeants. Qui considéraient que les Noirs n'étaient pas des Hommes à part entière et que le moyen le plus efficace pour compléter la part qu'il leur manquait, était de les traiter en esclave. De plus il a également mentionné le rôle de l'Eglise, rôle pour lesquels s'est excusé Jean Paul II en 1992 lors de sa visite sur l'île.
---> Pour plus d'explication, lire la Controverse de Valladolid:
Au départ on utilisait les prisonniers de droit commun dans les plantations du Nouveau Monde, comme on a fini par en expédier certains en Australie quoi. Mais ils n'étaient pas assez nombreux. Puis on a utilisé les autochtones, mais ils étaient trop fragiles face aux maladies apportées par les Européens, et trop rebelles car ils préferraient se suicider plutôt que d'être esclaves. Donc  Las Casas a proposé de prendre des Africains à la place, car ils sont plus résistants. 
Certaines ethnies étaient plus prisées que d'autres, les Togolais par exemple ^^.

En tout 15 millions d'esclaves ont transités sur Gorrée. Et ce n'est qu'une île de la traite parmis d'autre.

Le guide a continué sur le fait que l'Afrique est toujours exploitée. soit par elle-même, soit par d'autres pays, soit par des firmes multi-nationales. 
Ensuite nous sommes montés à l'étage, là où vivaient les Blancs (oui, juste au dessus, avec vue sur la cour depuis la balcon).

Puis nous avons fait le tour de l'île. D'abord les rues, avec les maisons aux couleurs chaudes, ou des maisons de pierre, construites par les premiers esclaves,  puis une belle église avec un pièta à l'intérieur, des femmes prenant le thé sous un arbre à pallabres, et enfin le Castel.
Nous sommes arrivées sur la plus grande hauteur de l'île, là où se trouve la place Clinton. Place dédiée à la paix et la liberté, avec en son centre un monument composé d'un pirogue debout, symbole de l'esclavage, et derrière, un pirogue couchée et cassée, symbole de la liberté retrouvée. 
Et un peu plus loin, des anciens canons de la seconde guerre mondiale!!! De là où ils sont, ils contrôlent parfaitement la baie de Dakar et ont une vue bien dégagée de l'océan.

Et vous savez ce qu'il y a d'incroyable aussi?
C'est que dans toute l'île, bien sûr, il y a des vendeurs et des vendeuses qui vous sautent dessus dès que vous faîtes un pas. Pas méchamment au contraire, c'est ça qui est trop fort! Les vendeuses sont extrêmement gentilles, on a bien discuté avec elle... et le pire??? C'est qu'elles retiennent les prénoms. Ah la la la, ne dîtes jamais à une femme que vous passerez dans sa boutique, parce que vous ne pourrez pas l'éviter, vous la recroiserez forcément et elle se souviendra de vous XD
 




ven, le 12 sep 2008, 14:03
Parce qu'il faut bien un départ....

Un petit post réservé uniquement à la compagnie aérienne que nous avons pris.
Je vais le dire sans aucun scrupule : si vous tenez à arriver à l'heure, ne partez pas avec  Air Sénégal, filière du groupe Royal Air Maroc.

L'avion était prévu le mardi 5 août à 10h, départ depuis Orly sud. 
Je me suis levée à 3h du matin, partie à 4, tout ça pour découvrir en arrivant que le vol a été décalé et qu'au lieu de partir à l'heure prévue, il devait partir (et est parti) à 19h30.
En sachant que nous avions une correspondance pour Lome à Dakar vers 15h.
Mon premier grand voyage, toute seule, avec des gens que je connais à peine, sur un autre continent, et je ne sais pas si je pourrais y arriver.

Néanmoins nous avons été pris en charge de façon correcte. 
A Paris, nous avons été logé dans un hôtel ibis (avec une salle à manger ambiance mexicaine, très détonnant ^^) où nous avons passé toute l'après midi.
A Dakar, quand nous sommes arrivés, enfin, le mercredi  à 2h du matin, nous avons tout de suite eu une nouvelle correspondance pour Lome (le jeudi 7 à 8h) et conduit dans un hotêl qui avait de la classe. Propreté nickel, bons repas, gens sympa et tout...
Par contre, le lendemain pour partir à l'aéroport nous avons été victime du "quart d'heure sénégalais" et d'un manque total d'information. Normalement une navette de l'aéroport, affrétée par Air Sénégal, devait venir nous chercher. L'hôtel étant à 30m de l'aéroport en taxi. Sauf que... nous ne savions pas si une navette avait été prévue pour nous. Il y en avait bien une destinée à des gens coincés à Dakar depuis 5 jours, mais impossible de savoir si on était prévus dedans ou pas. Quant à savoir si la dite navette viendrait quand même... Chaque fois qu'un taxi devait venir chercher quelqu'un, elle avait systématiquement 1h15 de retard...  donc nous avons pris un taxi à notre charge.
Je ne sais pas du tout si quelqu'un est venu nous chercher finalement.

Apparemment tous ces retards sont du à la reprise économique, financière et tout le touti de l'aéroport de Dakar par le gouvernement sénégalais. En arrivant dans la zone de contrôle des papiers, c'était écrit en gros sur des écrans LCD et je me souviens m'être demandée si c'était une bonne chose.
Visiblement non.

Donc finalement au lieu d'atterrir au Togo le mardi 5, vers 20h, nous sommes entrés sur le sol togolais le jeudi 7 aux alentours de 15h.

Pour le retour, nous n'avons pas eu de problèmes. L'avion Lome-Dakar était à l'heure. Le Dakar-Paris a eu 1h, 1h30 de retard, mais rien de bien grave. En sachant que l'avion allant à Tripoli, et dont la salle d'embarquement était à côté de la nôtre, a finalement été remis aux calendes grecques et tous les passagers envoyés dans un hôtel.
Un dernier petit coup de stress avant de repartir ^^

ven, le 12 sep 2008, 13:42
Carte d'identité

Voilà une petite fiche technique sur le Togo. 
Rien de bien exhaustif, juste une petite carte d'identité. Je préciserai certains points au fur et à mesure, parce que parfois il y a beaucoup, beaucoup de chose à dire, et pas toujours des bonnes à entendre!!!

Nom : République togolaise
Capitale : Lome
Population : 5 212 000 habitants (estimation 2006
Superficie : 56 600 km²
Pays voisins : A l'ouest : le Ghana - à l'est : le Bénin - au nord : le Burkina Faso
Langue officielle : Français. Chaque ethnie possède son propre dialecte mais la plupart communiquent et se comprennent en éwé
Monnaie : Franc CFA
100F CFA = 1F français, donc 656F CFA = 1 euro.
Régime : présidentiel, le chef de l'état est Faure Gnassingbe depuis avril 2006



J'ai été quelques jours à Lome, mais la plus grande partie de mon séjour s'est passé à Elavanyo, près de Kpalime et de la frontière du Ghana. 

Sources : le guide du routard et le guide du voyageur de Graine d'Ebene. 

mar, le 09 sep 2008, 17:45
Commençons par le début

Je pense qu'avant de parler du Togo, ou du voyage même, il serait bien de faire un petit topo sur la genèse de tout cela.
Pourquoi partir?
Comment?
Pourquoi le Togo?

Je n'ai jamais eu une fascination sans borne pour l'Afrique. Ni de grandes affinités non plus. Pas de passion folle pour ses habitants, pour sa culture, pour son mode de vie. Pas spécialement envie d'y partir, de la visiter. Si on me donnait le choix, j'irai très certainement voir  ailleurs. 
C'est ainsi, et quelque part c'est dommage, je le sais bien. 
Donc le Togo, ce n'était pas par coup de coeur, mais vraiment comme un défi. Une nouvelle façon de découvrir l'Afrique, loin des clichés, et en me remettant un peu en question pour nuancer mon appréciation. 

Niveau humanitaire, je me souviens en avoir eu un vague projet en terminale. Comment peut-on vivre, nous, occidentaux, comme nous vivons, alors que juste à côté de nous, des gens meurent de faim, de maladie, de guerre et dieu sait quoi encore? Nous sommes des êtres humains, et même si individuellement, nous ne sommes pas responsables, nous avons le devoir d'agir. Nous vivons dans une société hypocrite, alors au lieu de se regarder le nombril, autant faire quelque chose de constructif. 
Voilà mon petit sentiment d'injustice qui m'animait à l'époque. 
Et puis il y a eu la fac, et j'ai pensé à autre chose. Toujours ce sentiment d'injustice, vous savez, ce vague sentiment de honte et de gêne quand on croise un SDF et qu'on se dit qu'on ne peut rien faire pour l'aider; non le sentiment n'a pas disparu, mais l'idée de partir me semblait lointaine et plutôt farfelue. J'avais complètement oublié. 
Je vis ma petite vie, les grandes aventures de ce genre, pas trop mon genre.

Et puis l'année dernière, alors que j'attaquais ma troisième année de licence, j'ai commencé à avoir l'impression d'avoir un peu perdu mon temps lors des deux années précédentes. D'avoir oublié beaucoup de chose.
J'ai fait le Nano, me suis remise à la calligraphie, et est adhérée à l'AFEV (soutien scolaire pour jeunes en difficulté). 
Et en février je suis tombée sur un tract à la fac. Une association, nommée Graine d'Ebene, recherchait des volontaires pour partir au Togo au mois durant les grandes vacances. Sans besoin de compétences particulières. 

Je commençais à ne pas aller bien à l'époque, à avoir mes changements d'humeur, mais je me suis dit pourquoi pas, et je suis allée à la première réunion...

J'ai mis un certain temps à me décider.
D'abord parce que ma meilleure amie prévoyait un voyage au Japon, et que cela m'intéressait vraiment. Mais un petit coup sur le coût d'un tel voyage, sur les nombreux aléas de celui ci, et sur mes nombreuses vacances avec Murphy ont fait que j'ai fini par refuser. J'ai bien fait; le voyage ne se fait pas cette année ^^.
Puis parce que j'étais en pleine recherche de master. Quand je suis allée à Amiens en mars, et que mon futur responsable m'a parlé de stage dans des ONG, je me suis rendue compte de l'intérêt de partir  en voyage humanitaire. Ca fait tout de suite un plus, si jamais le stage se passe sur le terrain et tout et tout...
Et puis il y avait mes sautes d'humeur. Dans les moments noirs, on se dit que ça ne vaut pas la peine. Très bête comme raisonnement, et j'en avais conscience, mais à l'époque, savoir que je résonnais de façon stupide me déprimait encore plus, alors ça faisait une sorte de cercle vicieux... 

Mais finalement, j'ai dit oui.
Et je ne regrette absolument pas.
 


 


 

ven, le 05 sep 2008, 21:35
Indi

Voici le blog où je raconterai mon séjour au Togo réalisé le mois dernier.

Pour l'instant je suis en mode zombie, donc je customise simplement.